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290.000 euros en moyenne chez Samsung: en Corée du Sud, les primes des employés de la tech sont tellement gigantesques que la banque centrale s’inquiète d’un rebond de l’inflation (et constate une hausse des achats de produits de luxe)

Economie · · Par Julie MOREAU

290.000 euros en moyenne chez Samsung: en Corée du Sud, les primes des employés de la tech sont tellement gigantesques que la banque centrale s’inquiète d’un rebond de l’inflation (et constate une hausse des achats de produits de luxe)

# 290.000 euros de prime moyenne chez Samsung : en Corée du Sud, les bonus faramineux de la tech inquiètent la banque centrale Les employés du géant sud-coréen

# 290.000 euros de prime moyenne chez Samsung : en Corée du Sud, les bonus faramineux de la tech inquiètent la banque centrale Les employés du géant sud-coréen Samsung Electronics ont obtenu des revalorisations salariales et des primes d’un montant record, qui pourraient avoir des répercussions sur l’économie nationale. La banque centrale de Corée du Sud s’inquiète désormais d’un possible rebond de l’inflation, alors que les bénéficiaires de ces primes colossales se tournent massivement vers les produits de luxe. ## Des primes exceptionnelles qui dopent le pouvoir d’achat En mai dernier, après avoir menacé d’une grève massive, les 78.000 employés de la division semi-conducteurs de Samsung Electronics ont obtenu une augmentation salariale moyenne de 6,2%. Surtout, la direction a débloqué une enveloppe de primes équivalente à 10,5% du résultat de cette division-phare. Le résultat est spectaculaire : chaque salarié concerné perçoit un complément de 509 millions de wons en moyenne, soit environ 290.000 euros. Ces montants, rapportés par BFM Business, dépassent de loin les standards habituels des rémunérations variables en Asie. Ce phénomène ne se limite pas à Samsung. En septembre dernier, SK hynix, autre géant sud-coréen des puces mémoires et fournisseur de l’américain Nvidia, avait promis de consacrer 10% de ses bénéfices d’exploitation aux primes de ses salariés. L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, qui a propulsé les résultats financiers de ces entreprises, est à l’origine de ces distributions exceptionnelles. ## La banque centrale tire la sonnette d’alarme Dans un rapport publié mi-juin, la banque centrale de Corée du Sud a exprimé ses craintes. L’institution, citée par CNBC, indique que si les primes exceptionnelles n’ont généralement pas d’effet durable sur l’inflation, le contexte actuel pourrait déroger à cette règle. « Étant donné le montant exceptionnel des primes de performance récemment versées dans le secteur technologique, il est possible que leur impact réel soit plus important que prévu », a-t-elle déclaré. L’augmentation des primes, qualifiée d’« inhabituelle et substantielle », alimente déjà des revendications salariales accrues dans d’autres secteurs d’activité. Les employés non-technologiques, voyant ces montants mirobolants, exigent à leur tour des hausses de rémunération. Cette contagion salariale pourrait, selon la banque centrale, entretenir une inflation déjà sous tension. ## Des achats de produits de luxe en forte hausse Les premiers effets de ces primes se font déjà sentir dans la consommation. La banque centrale a constaté une augmentation notable des achats de produits de luxe, notamment de montres, de bijoux et de voitures haut de gamme. Les bénéficiaires, disposant soudainement d’un pouvoir d’achat exceptionnel, modifient leurs habitudes de dépenses. Cette ruée vers les biens de prestige pourrait contribuer à des tensions inflationnistes localisées. Les économistes redoutent un cercle vicieux : les primes dopent la demande, ce qui pousse les prix à la hausse, ce qui incite d’autres secteurs à réclamer des augmentations, et ainsi de suite. La banque centrale sud-coréenne, qui lutte déjà pour maîtriser l’inflation, pourrait être contrainte de durcir sa politique monétaire si cette dynamique s’amplifie. Alors que la Corée du Sud vit un paradoxe économique inédit, entre boom de la tech et craintes inflationnistes, les prochains mois seront décisifs pour évaluer si ces primes exceptionnelles resteront une aubaine pour les salariés ou deviendront un facteur de déstabilisation macroéconomique.