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"48% des promotions annoncées étaient en réalité des augmentations de prix": la Répression des fraudes inflige une amende de 2,33 millions d'euros au site de vente de vêtements Boohoo

Economie · · Par Julie MOREAU

La Répression des fraudes a infligé une amende de 2,33 millions d’euros au site de vente de vêtements en ligne Boohoo, après une enquête ayant mis au jour des p

La Répression des fraudes a infligé une amende de 2,33 millions d’euros au site de vente de vêtements en ligne Boohoo, après une enquête ayant mis au jour des pratiques commerciales jugées trompeuses. Selon le communiqué de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), publié jeudi, l’analyse de plusieurs centaines de produits a révélé que 95% des promotions annoncées n’étaient pas conformes, dont 48% correspondaient en réalité à des augmentations de prix. ## Une enquête approfondie sur les prix pratiqués Les agents de la DGCCRF ont examiné les prix de vente, les prix barrés et les pourcentages de réduction affichés sur le site boohoo.com pour un échantillon représentatif de produits. Les résultats de cette analyse ont conduit l’administration à constater que les pratiques de prix barrés et de promotions permanentes donnaient aux consommateurs l’impression de réaliser des affaires avantageuses, alors que la réalité était tout autre. Précisément, 40% des annonces vérifiées n’offraient aucune baisse de prix effective, 7% présentaient une réduction moindre que celle annoncée, et 48% correspondaient à des augmentations de prix déguisées. Cette amende, proposée avec l’accord du procureur de la République de Paris, a été acceptée par la société britannique, qui se conforme ainsi à la sanction sans passer par une procédure judiciaire contentieuse. La somme de 2,33 millions d’euros représente l’une des pénalités les plus significatives prononcées récemment dans le secteur du commerce en ligne pour des manquements à la réglementation sur les promotions. ## Des manquements supplémentaires sur l’étiquetage des matières Au-delà des pratiques tarifaires, les enquêteurs ont également relevé des irrégularités concernant la description des matières composant les vêtements. La DGCCRF a constaté l’utilisation des termes « cuir », « similicuir » ou encore « daim » pour décrire des produits en réalité synthétiques, une pratique expressément interdite par la réglementation française et européenne sur l’étiquetage textile. Ce défaut d’information sur la composition des articles constitue un second motif de sanction, venant renforcer le dossier déjà chargé contre la plateforme. L’enquête a par ailleurs mis en évidence un manque d’informations claires sur la composition des articles vendus, ce qui ne permettait pas aux consommateurs d’effectuer un choix éclairé avant l’achat. Ces éléments ont été intégrés dans la notification officielle adressée à l’entreprise, qui a choisi de coopérer en acceptant la sanction proposée. ## Des pratiques courantes dans le secteur de la mode en ligne Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de surveillance accrue des pratiques commerciales dans le e-commerce, particulièrement dans le secteur de l’habillement où les soldes et promotions permanentes sont monnaie courante. Les autorités françaises multiplient les contrôles pour vérifier la sincérité des annonces promotionnelles, un enjeu majeur de protection du consommateur dans un marché où la concurrence par les prix est particulièrement vive. La décision concernant Boohoo pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du secteur, incitant d’autres acteurs à revoir leurs méthodes d’affichage des réductions. Les associations de consommateurs suivent de près ces évolutions réglementaires et n’excluent pas de nouvelles actions si des pratiques similaires venaient à être détectées chez d’autres enseignes. La société Boohoo, qui n’a pas commenté publiquement cette sanction, devra désormais se conformer strictement aux règles françaises en matière de promotions et d’étiquetage sous peine de sanctions plus lourdes en cas de récidive. Cette affaire rappelle aux acteurs du commerce en ligne que les autorités françaises disposent de moyens d’investigation conséquents et n’hésitent pas à les utiliser pour protéger les consommateurs.