«Jusqu’à 5 jours» : les Écologistes lancent une pétition pour réclamer un congé climatique

«Jusqu’à 5 jours» : les Écologistes lancent une pétition pour réclamer un congé climatique Les Écologistes ont lancé dimanche une pétition visant à instaurer un
«Jusqu’à 5 jours» : les Écologistes lancent une pétition pour réclamer un congé climatique
Les Écologistes ont lancé dimanche une pétition visant à instaurer un congé climatique de cinq jours maximum par an, destiné à protéger les travailleurs exposés à des événements météorologiques extrêmes. Cette initiative, rapportée par Le Figaro avec l’AFP le 21 juin 2026, s’inspire directement du modèle espagnol qui, en novembre 2024, a adopté un congé payé de quatre jours pour éviter les déplacements en cas d’alerte météo.
Un dispositif calqué sur le modèle espagnol
Selon le texte de la pétition, cette mesure permettrait «à chacun(e) de faire face à une canicule, une inondation, un incendie ou une fermeture d’école liée au climat, sans perte de revenus». Les Verts précisent que «personne ne devrait risquer sa santé ou celle de ses proches simplement pour aller travailler». Ce congé pourrait être activé «si les conditions climatiques vous empêchent d’aller au travail», mais également «au cas où l’école de vos enfants ferme et vous n’avez pas de solution pour les garder», a détaillé Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, sur LCI.
Le dispositif s’inscrit dans une logique de prévention sanitaire et sociale, alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient en France. En effet, selon des données de Météo-France, les vagues de chaleur ont été trois fois plus fréquentes entre 2010 et 2020 qu’entre 1976 et 2000. Le congé climatique viserait à éviter des situations où des travailleurs, notamment ceux exerçant des métiers en extérieur ou sans possibilité de télétravail, se retrouvent contraints de prendre des risques pour leur santé.
Une réponse au plan de climatisation du RN
Cette proposition intervient en réaction au plan de climatisation proposé par le Rassemblement national (RN). Alors que le parti d’extrême droite a mis l’accent sur des solutions techniques pour faire face à la hausse des températures, les Écologistes privilégient une approche centrée sur la protection des travailleurs et l’adaptation des conditions de travail. Le Figaro souligne que cette pétition constitue une réponse politique directe à une initiative concurrente, dans un contexte où les enjeux climatiques s’invitent de plus en plus dans le débat public.
Le choix de lancer une pétition, plutôt qu’une proposition de loi, pourrait s’expliquer par la volonté de mobiliser l’opinion publique et de faire pression sur le gouvernement. Les Écologistes espèrent ainsi recueillir un nombre significatif de signatures pour légitimer leur demande et la porter au niveau parlementaire. Cette stratégie rappelle d’autres campagnes citoyennes récentes, comme celles autour de la reconnaissance des maladies professionnelles liées au climat.
Des implications économiques et juridiques à préciser
La mise en place d’un tel congé soulève néanmoins plusieurs questions. D’un point de vue économique, le coût pour les entreprises et le financement de ces jours d’absence devraient être évalués. Le modèle espagnol, qui prévoit un congé payé de quatre jours, a été accompagné de mesures compensatoires pour les employeurs. Par ailleurs, la définition précise des «conditions climatiques» déclenchant le congé reste à établir, afin d’éviter des abus ou des interprétations divergentes.
Sur le plan juridique, le droit du travail français connaît déjà des dispositifs de protection en cas d’intempéries, notamment pour les travailleurs du BTP. Cependant, le congé climatique élargirait ce cadre à l’ensemble des salariés, y compris ceux du tertiaire ou des services. Marine Tondelier a insisté sur le fait que ce congé serait «sans perte de revenus», ce qui implique une prise en charge par l’employeur ou par un fonds spécifique.
Alors que la pétition est en ligne depuis dimanche, les premières réactions politiques devraient se multiplier dans les prochains jours. Le gouvernement, de son côté, n’a pas encore officiellement réagi à cette proposition. La question de l’adaptation du travail aux changements climatiques, déjà abordée dans plusieurs rapports parlementaires, pourrait ainsi connaître un nouveau chapitre.