Kenya: un grand incendie au marché de Gikomba à Nairobi laisse des milliers de commerçants sans activité

Kenya : un incendie dévaste le marché de Gikomba à Nairobi, des milliers de commerçants privés d’activité Un incendie d’ampleur a ravagé, dans la nuit du samedi
Kenya : un incendie dévaste le marché de Gikomba à Nairobi, des milliers de commerçants privés d’activité
Un incendie d’ampleur a ravagé, dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 juin, une vaste portion du marché de Gikomba, le plus grand marché à ciel ouvert de vêtements de seconde main de Nairobi, au Kenya. Selon des informations rapportées par RFI, le sinistre a réduit en cendres des centaines d’échoppes, plongeant des milliers de commerçants dans l’incertitude et l’impossibilité immédiate de reprendre leur activité. La cause de l’incendie demeure, à ce stade, inconnue, et les autorités locales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel des dégâts matériels.
### Un sinistre aux conséquences économiques majeures
Le marché de Gikomba, situé dans le quartier populaire du même nom, constitue un poumon économique pour la capitale kényane. Il emploie directement des dizaines de milliers de personnes et attire chaque jour des milliers de clients venus de toute la région. L’incendie, qui s’est déclaré en pleine nuit, a détruit une partie significative des infrastructures, notamment des entrepôts et des étals où étaient stockés des ballots de vêtements d’occasion, principale denrée commerciale du site. D’après des sources gouvernementales citées par RFI, les opérations de secours ont été menées par les pompiers de Nairobi, mais l’étroitesse des ruelles et la densité des constructions ont compliqué l’intervention. Les pertes financières pourraient se chiffrer en millions de shillings kényans, affectant non seulement les commerçants mais aussi les chaînes d’approvisionnement qui dépendent de ce marché.
### Un précédent récent qui alimente les inquiétudes
Ce n’est pas la première fois que le marché de Gikomba est frappé par un incendie de grande ampleur. En septembre 2019, un sinistre similaire avait déjà détruit une partie du site, suscitant alors des interrogations sur les normes de sécurité et la gestion des risques dans les marchés informels de Nairobi. Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch, ces incendies à répétition mettent en lumière des lacunes structurelles : absence de systèmes d’extinction adéquats, accès limité pour les véhicules de secours, et stockage anarchique de matériaux inflammables. Les commerçants, souvent non assurés, se retrouvent sans filet de protection sociale. Dans le cas présent, la cause de l’incendie n’a pas encore été établie, mais des témoins évoquent des courts-circuits ou une possible négligence. Les autorités locales, sous la pression des associations de commerçants, pourraient être contraintes de revoir leur politique de prévention.
### Une mobilisation encore timide des autorités
Face à l’ampleur du désastre, le gouvernement du comté de Nairobi a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer l’origine du feu. Cependant, aucune mesure d’urgence concrète n’a été dévoilée pour venir en aide aux milliers de commerçants sinistrés. Selon des sources proches du dossier, le gouverneur de Nairobi, Johnson Sakaja, n’a pas encore communiqué publiquement sur le sujet, ce qui nourrit un sentiment d’abandon parmi les victimes. Les syndicats de commerçants, de leur côté, réclament une indemnisation rapide et la mise en place de dispositifs de soutien temporaire, comme des espaces de vente provisoires. Dans un pays où l’économie informelle représente environ 80 % de l’emploi total, la destruction de ce marché emblématique pourrait avoir des répercussions sociales et économiques durables, notamment sur les familles les plus vulnérables qui dépendent de ce commerce pour leur subsistance quotidienne. L’incendie de Gikomba rappelle, une fois de plus, la fragilité des infrastructures marchandes dans les grandes villes africaines et la nécessité d’une régulation plus stricte.