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«La plus grande opération coordonnée d’isolement économique du monde» : Washington promet la chute du régime iranien

Une · · Par Claire BERNARD

«La plus grande opération coordonnée d’isolement économique du monde» : Washington promet la chute du régime iranien

Washington a haussé le ton, jeudi 20 août 2026, en présentant officiellement sa stratégie de pression maximale contre Téhéran comme « la plus grande opération c

Washington a haussé le ton, jeudi 20 août 2026, en présentant officiellement sa stratégie de pression maximale contre Téhéran comme « la plus grande opération coordonnée d’isolement économique du monde ». Par la voix de son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, l’administration américaine a prévenu ses alliés que l’heure est à la mobilisation totale, l’objectif affiché étant de « mettre fin à ce régime meurtrier », selon des propos rapportés par Le Figaro et l’AFP. ### Une mise en garde explicite adressée aux alliés Dans une interview accordée à la chaîne CNBC, Scott Bessent a formulé un avertissement sans équivoque à destination des partenaires internationaux des États-Unis. D’après ses déclarations, rapportées par Le Figaro, ceux qui ne soutiendraient pas la guerre économique engagée contre l’Iran seraient considérés comme étant « contre nous ». Cette formulation traduit une radicalisation du discours diplomatique américain, qui semble désormais ériger la lutte contre le régime iranien en critère d’allégeance. Le secrétaire au Trésor a également précisé que l’opération visait un isolement économique coordonné à l’échelle mondiale, suggérant que Washington attend de ses alliés une participation active, et non une simple neutralité bienveillante. Par ailleurs, cette prise de position intervient dans un contexte de tensions déjà vives autour du programme nucléaire iranien et des atteintes à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. L’administration américaine semble vouloir verrouiller un front économique unifié avant d’envisager toute autre forme de pression. Les alliés européens et asiatiques, traditionnellement plus prudents sur ce dossier, pourraient se trouver dans une position délicate face à une injonction aussi directe émanant de Washington. ### La Chine appelée à « se mettre au diapason » Scott Bessent a également adressé un message spécifique à la Chine, dont la position sur ce dossier demeure déterminante. Selon les informations rapportées par Le Figaro, il a appelé Pékin à « se mettre au diapason » si la deuxième économie mondiale souhaite « voir le détroit (d’Ormuz) être rouvert et les prix de l’énergie redescendre ». Cette interpellation repose sur un constat chiffré : environ 50 % de l’énergie consommée par la Chine proviendrait du Moyen-Orient, ce qui rendrait le pays particulièrement vulnérable à une escalade dans la région. Cette pression sur Pékin s’inscrit dans une stratégie plus large visant à priver l’Iran de ses principaux débouchés commerciaux. En effet, la Chine figure parmi les principaux acheteurs de pétrole iranien, malgré les sanctions américaines en vigueur. En liant explicitement la coopération chinoise à la réouverture du détroit d’Ormuz et à la stabilisation des prix de l’énergie, Washington tente de faire valoir les intérêts économiques de Pékin comme levier de négociation. Toutefois, il semblerait que la réponse chinoise à cette injonction puisse être nuancée, Pékin ayant historiquement privilégié une approche non-interventionniste dans les conflits régionaux, tout en maintenant des relations commerciales substantielles avec Téhéran. ### Une escalade rhétorique aux implications régionales La formulation employée par le secrétaire au Trésor, évoquant la volonté de « mettre fin à ce régime meurtrier », marque une escalade rhétorique notable dans le discours officiel américain. Cette terminologie, rapportée par Le Figaro avec l’AFP, dépasse le cadre des sanctions économiques pour s’inscrire dans une logique de changement de régime, même si aucun calendrier ni moyen concret n’a été précisé à ce stade. Les implications d’une telle déclaration pourraient être considérables, tant sur le plan diplomatique que sécuritaire. D’une part, cette prise de position pourrait compliquer les efforts de médiation régionaux, notamment ceux menés par le Qatar ou Oman, qui tentent de maintenir des canaux de dialogue ouverts avec Téhéran. D’autre part, elle pourrait renforcer la détermination des factions iraniennes les plus hostiles aux négociations, confortées dans leur lecture d’une hostilité américaine irréductible. Par ailleurs, la référence au détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative du pétrole mondial, laisse entrevoir un risque de perturbation des flux énergétiques mondiaux, avec des conséquences potentielles sur les prix pour l’ensemble des économies importantes. ### Une stratégie aux contours encore incertains Alors que Washington présente cette opération comme la plus vaste jamais coordonnée en matière d’isolement économique, les modalités pratiques de sa mise en œuvre demeurent largement imprécises. Les déclarations de Scott Bessent, telles que rapportées par CNBC et reprises par Le Figaro, n’ont pas été suivies d’annonces concrètes concernant de nouvelles sanctions ou des mécanismes de contrôle renforcés. Il semblerait que l’administration américaine cherche d’abord à consolider un front diplomatique avant d’envisager des mesures supplémentaires. La position des alliés européens, qui ont souvent tenté de préserver l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, pourrait constituer un point de friction majeur. De même, la Russie, autre acteur clé du dossier iranien, n’a pas encore réagi officiellement à ces déclarations. L’efficacité de cette stratégie d’isolement dépendra vraisemblablement de la capacité de Washington à maintenir la cohésion d’une coalition internationale hétérogène, dont les intérêts économiques et géopolitiques ne coïncident pas nécessairement avec ceux des États-Unis. La suite des événements montrera si cette pression coordonnée parviendra à infléchir la position iranienne ou si elle conduira, au contraire, à une cristallisation des positions dans la région.