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Malgré une forte baisse liée à leur précocité et aux extrêmes climatiques, les récoltes françaises de blé et d'orges montrent "une qualité prometteuse"

Economie · · Par Julie MOREAU

Malgré une forte baisse liée à leur précocité et aux extrêmes climatiques, les récoltes françaises de blé et d'orges montrent

L’été 2025 aura été rude pour les céréaliers français. Entre vagues de chaleur successives et un cycle végétatif particulièrement précoce, les récoltes de blé e

L’été 2025 aura été rude pour les céréaliers français. Entre vagues de chaleur successives et un cycle végétatif particulièrement précoce, les récoltes de blé et d’orges s’annoncent en repli marqué. Pourtant, les premières analyses en laboratoire, publiées jeudi par l’établissement public FranceAgriMer et l’institut technique Arvalis, dessinent un tableau contrasté : si les volumes baissent, la qualité, elle, serait « prometteuse », voire « bonne à très bonne » sur une large part du territoire. ## Un rendement en berne, des écarts régionaux prononcés Le constat est sans appel pour le blé tendre, la céréale reine de la baguette française. Selon les estimations dévoilées par FranceAgriMer, le rendement national s’inscrit en recul de 1,7 % par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes. Un chiffre national qui masque des disparités régionales fortes : dans certaines zones, la baisse dépasse les 15 %. La production nationale est ainsi estimée à 31,92 millions de tonnes, soit une contraction de 4,3 % par rapport à la campagne précédente. Cette dégradation s’explique par un double phénomène : un repli des surfaces emblavées, notamment pour le blé dur et l’orge de printemps, et une pénalisation des rendements liée aux extrêmes climatiques. Les épisodes de chaleur, conjugués à une précocité inhabituelle des cultures, ont limité le remplissage des grains dans plusieurs bassins de production. ## Blé tendre et blé dur : une qualité qui compense les volumes Malgré ces chiffres en berne, les premières tendances analytiques rassurent les professionnels de la filière. Pour le blé tendre, la qualité est jugée « bonne à très bonne » dans la majorité des régions. Les critères techniques sont au rendez-vous : teneur en protéines satisfaisante, masse des grains correcte et, surtout, une basse teneur en eau qui facilitera le stockage et la conservation. Un paramètre crucial pour les meuniers et les boulangers, qui pourront compter sur une matière première apte à la panification. Côté blé dur, utilisé pour les pâtes et la semoule, la production chute lourdement à 1,09 million de tonnes, soit -16,6 % sur un an. Le bassin Ouest Océan est particulièrement touché, avec des rendements hétérogènes et souvent décevants. Là encore, la qualité « dans l’ensemble bonne à très bonne » vient tempérer un bilan quantitatif difficile. ## Orges : une moisson d’hiver en hausse, un printemps en chute libre La situation est plus contrastée pour les orges. L’orge d’hiver tire son épingle du jeu : des conditions de semis favorables, permises par un hiver pluvieux, ont conduit à une augmentation des surfaces. La moisson atteint 8,8 millions de tonnes, soit une progression de 5,8 % par rapport à la moyenne quinquennale. La qualité technologique globale est jugée bonne, un atout pour la brasserie et l’alimentation animale. En revanche, l’orge de printemps connaît une déconfiture sévère. Sa production est estimée à 2,22 millions de tonnes, en recul de 26,5 % comparé à la moyenne des cinq dernières campagnes. La baisse des surfaces plantées, combinée aux stress thermiques estivaux, explique cette contre-performance. Les opérateurs du marché devront composer avec une offre réduite sur ce segment, tandis que la filière espère que la qualité constatée permettra de sécuriser des débouchés rémunérateurs. ## Des perspectives sous conditions pour la filière céréalière Ces premières données, issues des réseaux d’analyses de FranceAgriMer et d’Arvalis, devront être confirmées au fil de la campagne de collecte. Elles dessinent néanmoins une tendance claire : la résilience qualitative de la production française, même dans un contexte climatique dégradé. Pour les agriculteurs, l’heure est à la gestion des stocks et à la commercialisation, avec des volumes globalement inférieurs à la moyenne quinquennale. La prudence reste de mise pour la suite de la campagne, alors que les marchés céréaliers mondiaux demeurent volatils. La qualité constatée pourrait toutefois offrir un débouché valorisant, notamment à l’export, où le blé français joue sa réputation.