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"On n'attendra pas la loi de finances": face aux ravages de la sécheresse et des canicules, la FNSEA presse le gouvernement pour un plan d'aide "à la hauteur des pertes que subissent les agriculteurs"

Economie · · Par Julie MOREAU

Sécheresse et canicules : la FNSEA exige un plan d’aide « à la hauteur » des pertes agricoles Alors que l’été caniculaire a laissé des traces profondes dans les

Sécheresse et canicules : la FNSEA exige un plan d’aide « à la hauteur » des pertes agricoles

Alors que l’été caniculaire a laissé des traces profondes dans les exploitations françaises, la FNSEA hausse le ton et presse le gouvernement d’agir sans attendre le prochain budget. Le secrétaire général du syndicat agricole, Hervé Lapie, a réclamé ce jeudi sur TF1 un plan d’accompagnement « conséquent » et immédiat, refusant de reporter l’aide à la loi de finances 2027. Une urgence dictée par des pertes estimées à plusieurs milliards d’euros.

### Un manque à gagner de plusieurs milliards d’euros

Invité sur le plateau de TF1 ce jeudi matin, Hervé Lapie a dressé un constat alarmant de la situation agricole française. « On a des conséquences majeures », a-t-il déclaré, évoquant « une baisse de production importante sur toutes les filières ». L’arboriculture et le maraîchage sont particulièrement touchés, avec des fruits plus petits et moins calibrés, victimes directes du stress hydrique et des températures extrêmes. Selon le représentant de la FNSEA, le manque à gagner pour le monde agricole se chiffre en « plusieurs milliards d’euros ». Ce chiffre englobe l’ensemble des filières, de l’élevage aux cultures céréalières, sans oublier les zones sinistrées par les incendies. Le syndicat insiste sur la nécessité de trouver des solutions rapides pour « compenser et passer ce moment difficile », alors que l’agriculture française traverse une période noire depuis trois ans, marquée par des mouvements de protestation hivernaux répétés.

### Un appel pressant à la grande distribution

Au-delà de l’aide gouvernementale, Hervé Lapie a interpellé directement la grande distribution. « On attend de la grande distribution de respecter les arboriculteurs et les maraîchers pour ne pas faire des promotions indécentes et que le prix soit rémunérateur pour les agriculteurs », a-t-il affirmé. Le syndicat demande également davantage de souplesse sur le calibre et l’aspect des fruits et légumes, souvent déclassés en raison de leur taille réduite, mais parfaitement consommables. Cette exigence vise à protéger le revenu des producteurs, déjà fragilisés par des coûts de production en hausse et des volumes en baisse. La question des prix à la consommation se pose inévitablement, mais la FNSEA privilégie une revalorisation à la source plutôt qu’une flambée en rayon, appelant à une responsabilité partagée entre l’État, les distributeurs et les consommateurs.

### Un plan gouvernemental attendu pour septembre

La ministre de l’Agriculture a tenté d’apaiser les tensions en annonçant, mercredi lors de sa visite en Gironde, que le montant du « plan global d’accompagnement » serait dévoilé le 3 septembre. Les préfets seront réunis à cette occasion pour coordonner le déploiement des mesures sur le terrain. Cependant, la FNSEA reste vigilante et exige des garanties sur l’ampleur du dispositif. « Il va nous falloir un plan d’accompagnement du gouvernement à la hauteur des pertes que subissent les agriculteurs aujourd’hui », a martelé Hervé Lapie, rappelant que les exploitations ne peuvent pas attendre le cycle budgétaire classique. Le syndicat, qui représente une majorité d’exploitants, entend peser de tout son poids dans les négociations à venir, alors que la pression climatique ne faiblit pas et que les trésoreries de nombreuses fermes sont au bord de la rupture.

### L’enjeu d’une filière en souffrance

Au-delà de l’urgence immédiate, cet épisode sécheresse révèle la fragilité structurelle d’une agriculture française exposée de manière croissante aux aléas climatiques. Les trois dernières années ont enchaîné gelées printanières, grêle, inondations et désormais canicules, épuisant les dispositifs d’indemnisation existants. La FNSEA, par la voix de son secrétaire général, pointe la nécessité de repenser les mécanismes de solidarité nationale et de soutien à la trésorerie des exploitations. Le rendez-vous du 3 septembre s’annonce donc décisif, non seulement pour répondre à l’urgence de l’été 2025, mais aussi pour poser les bases d’une résilience durable face au dérèglement climatique. Les agriculteurs, eux, attendent des actes concrets, et non des promesses reportées à un horizon budgétaire lointain.