"Personne ne devrait risquer sa santé simplement pour aller au travail": face aux canicules qui se répètent, les Écologistes lancent une pétition pour réclamer un congé climatique de 5 jours par an

Canicules à répétition : les Écologistes proposent un congé climatique de cinq jours par an Face à l’intensification des vagues de chaleur et des événements cli
Canicules à répétition : les Écologistes proposent un congé climatique de cinq jours par an
Face à l’intensification des vagues de chaleur et des événements climatiques extrêmes, les Écologistes ont lancé ce dimanche 21 juin une pétition pour réclamer la création d’un congé climatique de cinq jours maximum par an. L’objectif est de permettre aux travailleurs particulièrement exposés de ne pas risquer leur santé ou celle de leurs proches simplement pour se rendre sur leur lieu de travail. Cette initiative, portée par la secrétaire nationale du parti, Marine Tondelier, s’inspire directement du modèle espagnol, qui a adopté en novembre 2024 le principe d’un congé payé de quatre jours en cas d’alerte météorologique. La pétition vise à susciter un débat national sur l’adaptation du droit du travail aux défis climatiques.
Un dispositif calqué sur le modèle espagnol
Dans le détail, le congé climatique proposé par les Écologistes pourrait être activé “si les conditions climatiques vous empêchent d’aller au travail”, mais également “au cas où l’école de vos enfants ferme et que vous n’avez pas de solution pour les garder”, a précisé Marine Tondelier sur LCI. Le texte de la pétition précise que ce dispositif viserait à permettre à chacun de “faire face à une canicule, une inondation, un incendie ou une fermeture d’école liée au climat, sans perte de revenus”. La mesure, d’une durée maximale de cinq jours par an, serait financée par l’employeur ou via un mécanisme de solidarité nationale, bien que les modalités précises restent à définir. Les Écologistes insistent sur le fait que “personne ne devrait risquer sa santé ou celle de ses proches simplement pour aller travailler”.
La climatisation, une fausse bonne solution ?
Interrogée sur la proposition concurrente de Marine Le Pen, qui prône un “plan massif” de climatisation des écoles, hôpitaux et maisons de retraite, Marine Tondelier a estimé que la climatisation ne devait être “ni un tabou, ni une réponse à tout”. Selon elle, “climatiser partout, on n’est pas en mesure de le faire financièrement” et “si vous climatisez des logements qui ne sont pas isolés, vous n’allez pas très loin”. La patronne des Écologistes a ironisé sur cette approche, rappelant que l’isolation thermique des bâtiments reste un préalable indispensable à toute politique de rafraîchissement efficace. Ce débat illustre les divergences de fond entre les formations politiques sur la réponse à apporter aux canicules de plus en plus fréquentes.
Un enjeu de santé publique et d’adaptation au changement climatique
La pétition des Écologistes s’inscrit dans un contexte où les épisodes caniculaires se multiplient en France et en Europe. Selon Météo-France, le nombre de jours de canicule a doublé tous les dix ans depuis les années 1980, exposant des millions de travailleurs à des risques sanitaires accrus. Les secteurs les plus concernés incluent le BTP, l’agriculture, la logistique et les services à la personne, où les déplacements et le travail en extérieur sont fréquents. Au-delà de la mesure ponctuelle, les Verts entendent ouvrir un débat plus large sur l’adaptation du droit du travail aux réalités climatiques, incluant la possibilité de télétravailler ou d’aménager les horaires en cas de forte chaleur.
Conclusion : une proposition qui divise mais interroge
En lançant cette pétition, les Écologistes espèrent créer un rapport de force politique pour inscrire le congé climatique dans la loi. Si la proposition séduit une partie de l’opinion publique, notamment les travailleurs exposés, elle suscite des interrogations chez les organisations patronales, qui redoutent un coût supplémentaire pour les entreprises. Le débat promet d’être vif à l’approche des prochaines échéances électorales, alors que la France doit concilier impératifs économiques et adaptation au changement climatique. La suite dépendra de la capacité des Verts à transformer cette pétition en proposition de loi concrète.