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Tous les Starbucks de Corée du Sud seront fermés pendant 3 heures lundi: après la polémique autour du "Tank Day", les employés de la chaîne vont devoir suivre un cours d'histoire

Economie · · Par Julie MOREAU

Tous les Starbucks de Corée du Sud seront fermés pendant 3 heures lundi: après la polémique autour du

# Starbucks Corée du Sud ferme ses 2.000 cafés : une formation historique obligatoire pour apaiser la polémique du "Tank Day" La filiale sud-coréenne de Starbuc

# Starbucks Corée du Sud ferme ses 2.000 cafés : une formation historique obligatoire pour apaiser la polémique du "Tank Day" La filiale sud-coréenne de Starbucks s'apprête à vivre une journée hors du commun ce lundi. Les 2.000 cafés exploités sous licence par le groupe Shinsegae vont baisser simultanément leur rideau pendant trois heures, une décision sans précédent qui traduit l'ampleur de la crise déclenchée par une campagne publicitaire maladroite. L'objectif : permettre aux employés de suivre un cours d'histoire accéléré sur le soulèvement de Gwangju, événement traumatique de l'histoire contemporaine sud-coréenne, après que la marque américaine a qualifié le 18 mai, jour férié commémorant cette tragédie, de "Tank Day" pour promouvoir des gobelets réutilisables. ## Une campagne publicitaire qui a réveillé les blessures de l'histoire Le mois dernier, Starbucks Corée du Sud a provoqué un tollé national en présentant le 18 mai, date du 46e anniversaire du soulèvement de Gwangju, comme le "Tank Day". Cette formulation, censée promouvoir des gobelets réutilisables dans le cadre d'une opération marketing, a immédiatement heurté la population sud-coréenne. Elle évoquait directement les chars militaires déployés en 1980 contre des manifestants prodémocratie dans la ville de Gwangju. Selon le bilan officiel, 165 civils avaient été tués lors de cette répression, un chiffre que de nombreuses sources estiment largement minoré. Le choix de ce terme, particulièrement insensible dans un pays où la mémoire de ce soulèvement reste vive, a déclenché une vague d'indignation sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux. ## Une erreur attribuée à l'intelligence artificielle et à la négligence Shinsegae Group, qui exploite Starbucks en Corée du Sud sous licence, a reconnu que le message publicitaire avait été élaboré après consultation d'une intelligence artificielle. Les employés n'auraient "réalisé le caractère potentiellement problématique de la campagne qu'après la vive réaction du public", a indiqué le groupe dans ses explications. Plus grave encore, certains responsables auraient approuvé l'opération "sans ouvrir la pièce jointe", selon les informations communiquées par Shinsegae. Cette série de défaillances dans le processus de validation a transformé une simple campagne marketing en crise de réputation majeure. Les appels au boycott se sont multipliés, entraînant un "fort repli des ventes" que le groupe a lui-même reconnu, sans en préciser l'ampleur exacte. ## Une formation de trois heures pour restaurer la confiance Pour tenter d'éteindre l'incendie médiatique, Starbucks Corée du Sud a donc programmé une formation obligatoire de trois heures pour l'ensemble de ses salariés, intitulée "sur la conscience historique et la sensibilité sociale". Ce programme consistera notamment à visionner des vidéos retraçant l'histoire contemporaine de la Corée du Sud, avec un accent particulier sur le soulèvement de Gwangju et ses conséquences. Les 2.000 cafés du pays fermeront simultanément pendant cette demi-journée, une logistique complexe qui témoigne de la détermination de l'entreprise à répondre aux attentes sociétales. Selon la société d'analyse de données IGAWorks, ces fermetures devraient représenter un manque à gagner de 1,4 million de dollars pour Starbucks. ## Un coût financier et réputationnel significatif La Corée du Sud constitue le troisième marché mondial de Starbucks après les États-Unis et la Chine, ce qui rend cette crise particulièrement sensible pour la marque américaine. Le manque à gagner estimé à 1,4 million de dollars pour cette seule journée de fermeture partielle ne représente qu'une fraction du coût total de cette polémique. La chute des ventes consécutive aux appels au boycott, couplée à l'atteinte à l'image de marque, pourrait avoir des répercussions durables sur les performances du groupe dans ce pays stratégique. Cette affaire illustre également les risques liés à l'utilisation croissante de l'intelligence artificielle dans les campagnes marketing, particulièrement lorsqu'il s'agit de sujets à forte charge historique et émotionnelle.